Pascal Wagner est l’homme idéal pour s’aventurer dans les Climats du vignoble de Bourgogne. Il connaît par cœur l’histoire et l’économie viticoles, il connaît celles et ceux qui ont les pieds dans la vigne, il sait dénicher les bonnes adresses. Suivez le guide.
Alors que notre échange bat son plein, autour d’un verre du cru naturellement, deux hommes entrent en hésitant dans la vaste salle d’accueil d’Œnologic, à Puligny-Montrachet. Pascal Wagner les salue avec le sourire. Deux touristes venus de la Nièvre pour quatre jours, ils logent dans une chambre d’hôtes toute proche et sont avides de découvrir la Côte. Pascal les envoie illico « chez Jacques », viticulteur du village, et leur propose ses services : la découverte du terroir et la dégustation des produits, à sa façon. Œnologic est spécialiste de l’œnotourisme, dans une région dont le vin constitue plus que jamais un élément de fierté et d’attractivité. L’inscription des Climats au Patrimoine mondial de l’Unesco et l’ouverture prochaine des cités des vins à Beaune, à Mâcon et à Chablis et de la Cité internationale de la gastronomie et du vin de Dijon ne feront que conforter la notoriété des bourgognes.
Sauf que l’appréhension des vins de la région n’est pas chose si facile. Il faut un bon connaisseur pour s’y retrouver, un bon guide pour savoir où aller, un bon pédagogue pour comprendre ce qui se passe dans les vignes, dans les cuves et dans le verre. Pascal Wagner sait faire tout ça. Il tient donc un bon filon, c’est évident. Ajoutez à cela qu’il a l’Europe dans le sang, avec un père français, une mère allemande et une grand-mère luxembourgeoise – il est trilingue, et ça lui sert tous les jours. Passionné de vin (évidemment), il se dit « très fier » de la Bourgogne.
Une fierté qui repose sur une connaissance approfondie de l’histoire récente de la viticulture. « Beaucoup de négoces disparurent entre 1970 et 1990, période de grand déséquilibre. C’est la raison pour laquelle les grandes maisons de négoce sont toutes devenues propriétaires de leurs vignes. Depuis une vingtaine d’années, on constate que presque tous les domaines ont pris une carte de négoce pour compléter leur gamme. Au final, un autre équilibre s’est installé et aujourd’hui les choses fonctionnent bien. » Cette économie, il la connaît bien et en relativise le poids : avec 25 000 hectares, la Côte-d’Or est toute petite à l’échelle mondiale.
Depuis les années 1990, la demande n’a cessé d’augmenter, grâce à la montée en qualité, à l’arrivée des acheteurs russes et chinois… La Bourgogne ne connaîtra donc jamais la crise ? « Pendant le Covid, les ventes n’ont pas baissé, constate Pascal Wagner. On sait que les meilleurs blancs du monde sont produits ici. Alexandre Dumas disait qu’il faut boire un montrachet à genoux dans les vignes. Mais attention, la donne va évoluer avec le changement climatique. Et si, demain, on produisait, dans le Kent, dont la géologie est comparable à celle de notre Côte, des vins aussi bons qu’en Bourgogne ? » Pas sûr que ce soit de la science fiction. En attendant que l’improbable survienne, Pascal Wagner continue, inlassablement, d’accueillir des visiteurs – pendant que nous discutons, cette fois c’est Sylvain qui surgit et s’attable avec nous, il est ouvrier viticole, c’est ça Œnologic, la rencontre avec des vrais gens de la Côte, qui ont les pieds dans la vigne. Son credo : certes la Bourgogne est une petite région de production fortement demandée, mais on y produit encore de bonnes bouteilles à des prix raisonnables, et il se fait fort de dénicher les adresses où les trouver. À bon entendeur.

pascalwagnerburgundy.com – 06 59 78 79 84
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